L’ère du vers dans l’air

Ce n’est pas encore l’hiver
Les arbres sont toujours verts
Au sol les fruits ont des vers
Ils sont certainement amers
 
Quelqu’un a son anniversaire
C’est une fête très populaire
Quelqu’un marche de travers
Il n’a plus les idées très claires
 
Que devient le légionnaire
Noyé au fond de son verre
Ce n’est pas un mercenaire
C’est juste un pauvre hère
 
Et ces virus qui prolifèrent
Dans le pire effet délétère
Certains ça les indiffère
D’autres sont mortifères
 
Que faisons-nous sur terre
A part multiplier les guerres
Certains à la langue de vipère
Donnent des réponses lunaires
 
Dans un monde imaginaire
Comme d’un immense désert
Il n’y aura plus de matière
Troquant tout en mésosphère
 
Maintenant de quoi as-tu l’air
En ayant lu tous ces vers
Aurais-tu la tête à l’envers
Ou planes-tu dans ton univers
 
Et pour ne pas te laisser faire
Agiter la main d’un revers
Comme chasser ce mystère
Avant que tout dégénère
 
Mais si ta vie n’est pas sectaire
Regarde une fois en arrière
Tout ça n’est que littéraire
Un amas de mots et de vers

La Pica

En noir et blanc, elle nous observe
Quoi que vous fassiez elle le voit
Le coup tordu et sans aucune minerve
Elle scrute au loin tous les endroits

On dit qu’elle est du genre bavarde
Est-ce pour détourner l’attention
Méfiez-vous d’elle et prenez garde
Chaque instant dicte sa réaction
 
Elle sait bien se faire remarquer
Son cri strident ne nous échappe
Son œil perçant est pour traquer
Faire que personne ne la rattrape
 
Elle est intelligente cette voleuse
Elle serait du genre pas vu pas pris
Et dans une envolée audacieuse
Avec son butin rejoindra son abri

L’orchestre (autre chiste)

Paul c’est le violoniste
Il est loin d’être raciste
Il n’est même pas optimiste
 
Agathe c’est la violoncelliste
Elle se dit exhibitionniste
Le week-end elle est naturiste

Pierre c’est le trompettiste
Il est aussi paysagiste
Et un peu botaniste

Alphonse c’est le bassiste
Lui il est syndicaliste
Il n’est pas mondialiste
 
Jean c’est le clarinettiste
Jeune il était trotskiste
Maintenant il est royaliste
 
Jacques c’est le tromboniste
Il est assez protectionniste
Il est surtout perfectionniste
 
Henry c’est le percussionniste
Il voulait être parachutiste
Il ne peut, il est unijambiste
 
Albert c’est le guitariste
Mais il est aussi garagiste
C’est un sacré humoriste
 
Éric chef-d ’orchestre idéaliste
Il est très matérialiste
Avec eux il est humaniste
 
Une belle équipe pluraliste
Et cette musique futuriste
Nous rend assez hédoniste

Même chiste

Petite fille au regard triste
Est-ce d’un malheur ou caprice
Tu voulais devenir violoniste
Ou encore une trompettiste
Ta mère plutot simpliste
Dit, commence par standardiste
Ou alors deviens téléphoniste
Si ensuite tu es progressiste
Envisage de devenir fleuriste
Oublie d’être motocycliste
Tu risques de finir unijambiste
Ou encore devenir survivaliste
Au risque de finir terroriste
Tu pourrais devenir évangéliste
Sans pour autant être intégriste
Si tu aimes être naturaliste
Alors devenir botaniste
Dans un monde exhibitionniste
Tu serais certainement nudiste
Dans un monde moins protectionniste
Tu serais certainement fataliste
Ou pourrais devenir défaitiste
Certains diront reste minimaliste
D’autres au contraire maximaliste
Mais ne reste pas pessimiste
Petite fille au regard triste
Si la vie devient vaudevilliste
Alors sois-en la scénariste
Avant de finir chez le légiste

L'étang côté face

Une cigogne vint se poser sur l’étang
En mal d’amour cherchait compagne
Elle fit le tour trouvant le coin charmant
Surtout bien différent de la montagne
 
Pourtant au loin point de congénère
Elle trouva cela fort bizarre, inquiétant
Avait arboré un beau style vestimentaire
Mais on la prit pour un débutant
 
Alors de désespoir elle refit le tour
Prit un air des plus séduisant
Sur l’étang espérait trouver l’amour
Dans son plumage le plus élégant
 
Elle remarqua des rosiers sauvages
Etonnant et même très inhabituel
S’approcha voir si c’était un mirage
A cet endroit rien de surnaturel
 
Pourtant trouva l’endroit glauque
Pas de libellule, aucun insecte
Se dit, pas possible je débloque
Rien pour que je me délecte
 
Dans ces rosiers une grenouille
Qui faisait partie de ce récit
Gonflée comme une citrouille
Matait la cigogne d’un air noircit

Après des échanges tumultueux
La cigogne ne la supportant plus
D’un geste rapide et délictueux
L’avala goulument sans un salut
 
A l’étang de Saint-Martin-sur-Arve
Une cigogne prit son premier festin
Une grenouille mais pas de larves
Et trop seule, partit au petit matin

L'étang côté pile

Un matin de printemps, une grenouille
Dans cet étang, voulu devenir la reine
Sans faire d’histoire ni de magouille
Prendre aucun risque et sans peine
 
Commença par manger les moustiques
Puis se fut le tour de toutes les larves
Aucun souci, elle n’était pas allergique
Cela se passe à Saint-Martin-sur-Arve
 
Elle prit du poids la petite bougresse
Son volume en six mois quadrupla
Pour la sauterelle aucune finesse
Sans prévenir et sans remord l’avala
 
Elle disait à qui voulait l’entendre
Ici personne ne prendra ma place
Et mon domaine je vais l’étendre
Sur cet étang construire mon palace
 
De partout, insectes, chenilles accouraient
Ils arrivaient essoufflés, étonnés
Personne à cette histoire n’y croyait
Mal leur en a pris ils furent dévorés
 
Ce carnage attira une petite cigogne
Elle utilisa un langage un peu grossier
Dites-moi avant que je vous cogne
Grosse bedaine cachée dans les rosiers
 
De cet étang vous avez fait un désert
Juste pour vous rassasier et vous goinfrer
Pour chaque insecte avez remis le couvert
Sans qu’ils aient pu un peu s’acclimater
 
La grenouille sans se démonter lui dit
Dégage de mon domaine tas de plumes
Oiseau de malheur ici t’es maudit
La voix pleine de rage la bouche d’écume

Ici il n’y a que moi qui habite et chasse
Il n’y a pas de place pour toi l’emplumée
Devant mes yeux débarrasse ta carcasse
Ou ton bulletin de naissance tu vas avaler
 
Alors dans la fraicheur de cette matinée
Un ‘ Clac ‘, une seule fois, se fit entendre
La cigogne venait de manger, de se régaler
De ce petit festin qu’elle prit sans attendre
 
Ce soir à l’étang de Saint-Martin-sur-Arve
Sont revenus les mouches, les libellules
Et maintenant il y a aussi plein de larves
Dans la quiétude ce petit monde pullule

Elle

Elle se disait excentrique
Avec sa taille moustique
D’un air plutôt lubrique
 
Elle se disait contemplative
En regardant les deux rives
D’un air surtout à la dérive
 
Elle se disait impressionnée
En regardant le neige tomber
D’un air un peu éberlué
 
Elle se disait romantique
En chantant des cantiques
D’un air pas catholique
 
Elle se disait instinctive
En lisant des missives
D’un air sans alternative
 
Elle se disait aménorrhée
Et même un peu asexuée
D’un air plutôt attardé
 
Si vous n’êtes pas alcoolique
Mais d’une santé cognitive
Si vous la croisez « fuyez »

La bête

Un homme courait sur le chemin
En criant avez-vous vu la bête
Muni d’un fusil dans la main
Et criant, criant à tue-tête
 
Derrière lui les femmes hurlaient
On a vu la bête du Gévaudan
De fatigue elles haletaient
Et il montrait toutes ses dents

Mais ce n’est qu’un pauvre loup
Siffla percher un petit merle
Vous allez vous rompre le coup
Malgré cela la foule déferle
 
Et puis retenti un coup de feu
Point de Gévaudan point de loup
On entendit un « cessez-le-feu »
Et l’homme de se rompre le coup
 
Avait eu cette poussée d’adrénaline
Croyant voir la bête du Gévaudan
Mais le pied prit dans une racine
Mis fin lui éclatant toutes ses dents
 
La petite moralité de cette histoire
Evite de mettre des claquettes
Pour ne pas finir en ambulatoire
Quand tu courts sans tes lunettes

Un soir d'été

J’ai déposé sur ton épaule et ton coup
Toute la tendresse de ma bouche experte
Tu as fait mine de refuser mes bisous
Les yeux fermés, La bouche entrouverte

Je remontais le long de ta joue rougie
Pour frôler délicatement tes lèvres
Toi qui me voulais calme, assagis
Dans tes bras me voila plein de fièvre

Mes mains descendaient le long de ton dos
Et remontèrent pour saisir tes deux seins
Je venais de réveiller fébrilement ta libido
Et faire disparaître mon habit d’arlequin

Tout était si calme dans cette pénombre
Que j’entendais la palpitation de ton cœur
Sur le rebord de la table se dessinait ton ombre
D’un film érotique nous devenions les acteurs

Après de longues minutes à s’embrasser
Mes mains firent tomber ton pantalon
Tes superbes cuisses m’ont décontenancées
Sans retenue je les caressais tout le long

Je venais de découvrir un corps de déesse
Que tu cachais habilement aux regards
J’avais peur d’user de ma maladresse
En faisant choir ton dernier rempart

Dans la nuit tes yeux scintillaient d’envie
Sous la caresse de mes doigts et de ma langue
Toi qui était si réservée, te voilà inassouvie
Sous le poids de ton désir mon corps tangue

Deux longues heures et tu ne cessais de jouir
Je n’entendais que ces mots « c’est bon, continu »
Jetés d’une voie haletante, prête à t’évanouir
Quand mon action devenait discontinue

Ton corps est une merveille de la nature
Ta gentillesse et ta tendresse sont sans pareil
Avec tes trente ans tu es devenue mature
Ma vie sans toi c’est comme un été sans soleil

Les lendemains

Certaines ont les yeux de haine
D’autres les yeux de l’amour
Certaines ont la vie malsaine
D’autres attendent un retour

La vie est pleine d’imprévues
Tu as beau croire au bonheur
Après une courte entrevue
Ca fini des fois dans la douleur

J’ai aimé dans un monde virtuel
Mais cachée par ses mensonges
Elle rendit tout conflictuel
Que la douleur encore me ronge

L’espace d’un instant au réel
Elle a su tout détruire en moi
En oubliant simplement l’essentiel
Le partage de tant de mois

Pourtant un mot aurait suffit
Pour qu’elle connaisse la douceur
D’une vie comblée à l’infini
D’épanouissement et de chaleur

Elle ne connaîtra jamais le bonheur
Car sa vie est faite de pirouettes
Je ne lui souhaite pas le malheur
Mais son cœur fait trop la girouette

Cela m'a fait retrouver une amie
Bien plus beau qu’un amour falsifié
Sa douceur a créée cette alchimie
Effaçant un déplacement injustifié

Je me promène souvent à ses cotés
Un rayon de soleil devient arc-en-ciel
Entre nous aucune ambiguïté
On s’aime à notre manière c’est l’essentiel

Il y a des lendemains qui font mal
Il y a des lendemains de rancoeur
Il y a des lendemains pas banals
Il y a des lendemains de bonheur

J'écrirai

En lettres de feu, j'écrirai "Je t'aime"
Que dans les nuits les plus noires
Ces mots éclairent ton chemin

En lettres de pluie, j’écrirai "Je t’aime"
Pour remplir bassins et réservoirs
Que cette eau noie tous tes chagrins

En lettres de sang, j'écrirai "Je t'aime"
Sur cette neige immaculée du soir
Pour que tu me prennes la main

En lettres d'or, j'écrirai "Je t'aime"
Beauté éblouissante à t'émouvoir
Que ton amour devienne mon dessein

En lettres de désir, j'écrirai "Je t'aime"
Blottis au creux d'un mouchoir
Nous ferons place aux câlins

En lettres d'amour, j'écrirai "Je t'aime"
Que tes yeux soient mon miroir
et ton corps tous mes lendemains

En lettres de joie, on se dira "Je t'aime"
Lèvres contre lèvres remplis d’espoir
D’être unis pour le même destin

Du plaisir au désir

Tu rayonnes, tu m’ensorcelles
A ta peau douce après gommage
Au doux parfum de cannelle
Mes mains vont rendre hommage

Dans mon hammam tu es venue
Chercher douceur, relaxation
Sur la table ton corps étendu
Nue en position d’abnégation

Mes mains d’huile hydratante
Au doux parfum d’amande douce
Ne se firent pas hésitantes
Sur ta peau laiteuse de rousse

Posées sur tes deux épaules
Elles glissent le long de ton dos
Se rejoignant en farandole
A la souplesse d’un serpenteau

Dans le creux de tes reins
Ma paume se fît puissante
A la vision de ce corps divin
Et des odeurs enivrantes

Massage de la plante des pieds
Et remontant sur tes mollets
En direction de ton fessier
Mon regard se fît follet

J’écartais légèrement tes cuisses
La pièce emprunte de moiteur
Sur la face intérieure elles glissent
Dans cette douce chaleur

Tu finis par te retourner
Dans un silence religieux
Je pris le temps d’admirer
La volupté offerte à mes yeux

Mes mains caressèrent tes seins
Ton souffle devint profond
Il n’y avait rien de malsain
Juste mon regard pudibond

J’entendis battre ton cœur
Quand sur le bas de ton ventre
De mes petits cercles aguicheurs
Ton envie se fit l’épicentre

Tu me saisis prestement le poignet
Le dirigeant vers le fruit défendu
Recouvert d’huile tel un beignet
Je me suis retrouvé confondu

Mais mon rêve c’est arrêté
Effaçant d’un coup le plaisir
Quand je me suis réveillé
Mon corps vibrait de désir

J'aimerai

J’aimerai gravir la plus haute dune
Pour pouvoir caresser la lune
J’aimerai être le roi Neptune
Tout le sable serait ma fortune

J’aimerai qu’il n’y ait que des matins
Quand l’oiseau siffle ses refrains
J’aimerai que revive l’enchanteur Merlin
Blanche neige et les sept nains

J’aimerai embrasser les étoiles
Et les nuages j’en ferai des voiles
J’aimerai me coucher sur une toile
Que tout mon corps se dévoile

J’aimerai être un joyeux petit lutin
Caché dans une forêt de sapins
J’aimerai rester un galopin
Qu’on dise « méfie toi il est malin »

J’aimerai voir le jour sans contre-jour
Et transformer la lumière en amour
J’aimerai savoir jouer du tambour
Et parcourir le monde en troubadour

J’aimerai la colombine de colombin
Et la conserver dans un écrin
J’aimerai être un savarin
Et pouvoir laisser un goût divin

J’aimerai capturer les arcs-en-ciel
Hélas ! Ils sont immatériels
J’aimerai le regard aux reflets du ciel
Et les cheveux aux couleurs de miel

J’aimerai qu’il n’y ait pas de lendemain
Sans que tu me prennes la main
J’aimerai être sur le même chemin
Qu’il nous lie dans le même destin

J’aimerai tellement de belles choses
Que cette existence des fois m’indispose
J’aimerai terminer ma vie en apothéose
Avant que mon corps se décompose

Dis moi

Pourquoi la terre est-elle ronde
Et le monde si immonde
Pourquoi la bière est-elle blonde
Et l’entaille en queue-d’aronde

Pourquoi la mer nous inonde
Et les poules pondent
Pourquoi le Louvre à la Joconde
Et la femme si féconde

Pourquoi la marée est nauséabonde
Et la jalousie furibonde
Pourquoi y a-t-il des secondes
Et des gorges profondes

Pourquoi l’oiseau a des ailes
Et l’Afrique les gazelles
Pourquoi tu t’appelles Annabelle
Et la Sœur Emmanuelle

Pourquoi prier à l’autel
Et oublier l’existentiel
Pourquoi être si belle
Et devenir infidèle

Pourquoi être si émotionnelle
Et faire vibrer l’étincelle
Pourquoi oublier ta cervelle
Et ton désir immortel

Pourquoi écrire des poèmes
Et des mots que l’on sème
Pourquoi es-tu extrême
Et moi toujours le même

Pourquoi l’écusson est emblème
Et moi ton seul problème
Pourquoi le grain s’essaime
Et l’amour fait de même

Pourquoi ne sais tu pas dire je t’aime
Et tous les mots des dilemmes
Pourquoi n’es tu jamais la même
Et tous tes espoirs des anathèmes

Pourquoi y a-t-il des abattoirs
Et toi des pensées si noires
Pourquoi y a-t-il des baignoires
Et des voitures sans accessoires

Pourquoi faut-il boire
Accoudé à des comptoirs
Pourquoi rester dans le noir
Et se transformer en fumoir

Pourquoi certains perdent la mémoire
Et d’autres se remplissent de désespoir
Pourquoi y a-t-il des dépotoirs
Et certaines bouches des dévidoirs

Pourquoi aimer les exploits
Et être tellement maladroit
Pourquoi y a-t-il des rois
Et des clochards sans toit

Pourquoi tant de passe droit
Et de soutiens si étroits
Pourquoi prier Saint-Benoît
Et vouloir être albigeois

Pourquoi toujours une autrefois
Et n’avoir jamais la foi
Pourquoi tant de pourquoi
Oui pourquoi … dis moi

Un Ange

Il ne faisait que travailler
Enfermé dans sa boulange
Il t’a vu naître et crier
Soudain apparut un ange

Tu avais le regard bleu
Dans les cheveux une fontange
On ne voyait que tes yeux
Tu souriais aux anges

Tu ne faisais que séduire
De petits gestes étranges
Ta mère de s’épanouir
Elle regardait son ange

Ton nom fallait choisir
Il te prénomma Solange
Elle faillit s’évanouir
Et t’appela « Mon Ange »

Premier cri premier pleur
Elle changea tes langes
Refusant d’avoir peur
Tu étais aux anges

Tu étais toute sa fierté
Elle louait les archanges
De lui avoir un jour donné
Le plus beau des anges

Ta bouille fut immortalisée
Conservé comme un sporange
Tu étais belle à pleurer
Douce comme un ange

Douze mois de bonheur
Mais ce soir dans la grange
Tu fis leur malheur
Elle a perdu son ange

Elle fit dresser ce cénotaphe
Et dans un petit losange
On peut lire cette épitaphe
Ci-gît « Mon ange »

Vieille dédicace

Allongé devant la télé
Tu étais une guimauve
Les doigts dans le nez
T’étais pire qu’un fauve

Quand tu étais à table
Tu levais une fesse
Comme dans une étable
Tu lâchais une caisse

Putain que t’étais odieux
Je n’osais te regarder
Ca puait jusqu’aux yeux
Mes poumons allaient éclater

Quand y avait de la visite
Tu faisais le fanfaron
T’avais pas fumé de chiite
Mais t’étais le roi des cons

S’il fallait te décrire
Dans la banlieue on dirait
Ce mec il déchire
Le Picasso le plus abstrait

Des larmes t’as fait couler
De plaisir et de honte
Quand tu montrais ton dentier
De forme homodonte

Dans la connerie humaine
T’avais point de limite
Avec ta grosse bedaine
Faut pas que je t’imite

Tu avais dit un jour
Tu verras toi aussi
Mais j’ai fait le sourd
Sur tes mots me suis assis

On ressemble souvent à son père
Lui dans son slip kangourou
Mais moi je suis tout le contraire
Dans mon boxer porte-bijoux

Tout moua

Prêt à tous les calembours
Sans rire sans détour
J’use de tous les contours
Pour avoir ton amour

Oui je sais écrire
Me laisser découvrir
Le temps d’un sourire
Pour te conquérir

Je sais faire le loir
Du haut de mon perchoir
Jeter quelques espoirs
Juste pour te voir

Je sais t’amadouer
Les pièges les déjouer
Un peu pour jouer
Un peu pour engouer

Je ne suis pas racoleur
Beaucoup moqueur
Mais pas menteur
La main sur le cœur

A mes mots tu abdiqueras
A l’humour tu adhéreras
Des fois tu te vengeras
Mais toujours m’estimeras

Je suis un malin
Un vrai galopin
A parler popotin
Sans être vilain

Je ne fais que rigoler
Force est de constater
Qu’il y a quelques années
Un clown était né

Mon amour

Puisqu’il faut aimer, je vais t’aimer
Ne pas manquer à tous les devoirs
Puisqu’il faut t’aimer, je vais le crier
Tout le monde va s’en apercevoir

Tous mes interdits les déchirer
L’écrire à l’encre de mes larmes
Ton cœur le faire chavirer
T’envoûter de tous mes charmes

Je vais décrocher les nuages
Les glisser sous tes pas
Tu croiras à un mirage
De bonheur tu t’assoupiras

Je vais te rapprocher du soleil
Tu n’auras plus jamais froid
Rien ne sera plus pareil
C’est ma profession de foi

Je te verserai mon sang
Que tel un vampire
Tu vives en t’abreuvant
Pour ne jamais mourir

Je ferais de toi une déesse
Enfermée dans ta tour d’ivoire
Tu es déjà ma princesse
Il suffisait d’y croire

De l’autre coté de cette montagne
Jour après jour tu attendais
Que mon cœur te regagne
Tous les mots tu les abjurais

Je vais prendre tes deux mains
Y déposer délicatement mon cœur
Réinventer tous les mots latins
Et devenir ta douceur

Puisqu’il faudra un jour
Finir par se rencontrer
Comme des fous faire l’amour
Et ne plus se quitter

Je vais décrocher les étoiles
Pour tracer notre chemin
Qu’il n’y ait pas de voiles
Ni d’ombre dans ce destin

Je serai près de toi, en toi
Tous les doutes dispersés
Je serai ton mage, ton roi
Tes lèvres les caresser

Sur mon corps tu t’abandonneras
Quand cette fusion sera née
La vie s’arrêtera
Et la terre de tourner

A mon voisin

Je sais tu n’habites pas loin
Juste une route à traverser
Ton âge quatre-vingt et un
Et ton cœur plein de bonté

Tu n’as jamais hésité
En ouvrant tes volets
D’une main agitée
Heureux tu me saluais

Cela fait bien des années
A notre fête des voisins
Tu venais nous rencontrer
Et nous donner la main

Tu ne disais grand-chose
Mais tu aimais écouter
Regarder cette symbiose
Nous voir nous marrer

A chaque nouvelle saison
Fruits fleurs cultivés
Pour toi c’était un don
Tu venais nous les apporter

Hier dans un cri de douleur
Ton cœur s’en ait aller
Laissant ton corps sans chaleur
Et ton épouse bouleversée

Je sais, c’est notre destiné
Je ne verrai plus ta main
On se sent abandonné
Adieu l’ami, Adieu voisin

Jour d'hiver

Tombe la neige, par-ci par-là
Les flocons au dessus de moi
Dans une farandole d’émoi
Frôlent ma tête, mes pieds

Tu as blanchi les toits
Et la trace de mes pas
Dans ce paysage froid
Insulte cette beauté

Je pointe mon doigt
La tempe côté droit
Couillon je suis le roi
Te demandant d’arrêter

J’avoue je le conçois
A l’envers à l’endroit
Ce serait un exploit
Si ça devait marcher

Ce geste fort maladroit
Digne d’un gros gaulois
Ne doit en tout cas
Jamais être répété

Tombe la neige, de-ci de-là
Pour les petits c’est l’émoi
Pour nous le désarroi
Je retourne me coucher

Pour trois mots

Un rêve absurde a commencé
Dans une nuit très agitée
Un rêve détraqué s’est terminé
Dans un réveil consterné

Au fond de moi les mots cachés
Me narguaient jusqu’au nez
Ne voulant plus traverser
Un corps muet, résigné

Dans ce qui m’entoure, enfermé
Je ne voyais plus la beauté
De mes yeux boursouflés
D’avoir une nuit trop pleuré

Ton sourire ma caressé
Tes mots m’ont enchantés
Ta tendresse m’a bouleversé
J’étais là, les bras croisés

Rien dire ne pouvais rester
Ton pas je l’ai emboîté
Tes mots je les ai avalé
Mon cœur de se réchauffer

Il fallait me secouer, me transporter
Mes verbes, mes mots les retrouver
Renaître de ce corps trop fatigué
De n’avoir trop longtemps rien donné

Fébrile, mon regard c’est posé
Sur cette feuille blanche, immaculée
Il me fallait écrire, gribouiller
Une aide, un indice pour commencer

Alors trois mots je t’ai demandé
Bonheur, fut le premier donné
Chaleur, Plaisir furent nommés
Dans une attitude très étonnée

De ces mots un poème est né
Sans même devoir les utiliser
Juste pour devoir me justifier
Qu’aujourd’hui fallait recommencer

Je sais que tu vas apprécier, aimer
J’ai tellement besoin de te remercier
Que je me dois te le dire, te l’affirmer
Le livre de mon cœur ne sera plus fermé

Enfants

Ces enfants appelés progéniture
Tu les exposes telle une garniture
Les aimes comme de la confiture

Pour eux aucunes demi-mesures
A chaque jour leur aventure
Émaillé de rires et de déchirures

Sur les genoux des écorchures
Sur les lèvres des gerçures
Pas de répits aux bavures

Leur attitude n’est pas sinécure
Ils font battre la température
Allant jusqu’à la vomissure

Ils t’ont laissés des vergetures
Changer ta cervelle en panure
Et tes nuits en puériculture

Tu n’as pas mis de censure
A l’amour que tu fulgures
Tu es ma plus belle lecture

Pour toi A.B. fière d'être mère

Mes mots

L’eau ruisselle sur ton visage
Pareil à ces larmes après l’amour
Quand tu dis que tu l’aimes
Et que tu te sens enfin heureuse

Le soleil surgit comme un présage
Pour saluer la beauté de ce jour
Quand ton rêve devient bohème
Et que tu te sens enfin amoureuse

Le vent n’a pas su rester sage
Il t’a recoiffé tel un abat-jour
Voulant te changer en nicodème
En épouvantail d’allure douteuse

Tu es devenue cette belle image
Que tu as su faire naître un jour
Mes mots la transforment en poème
Pour te rendre encore plus désireuse

Virtuel

Dans ce monde virtuel
Ce monde qui est le mien
J’y ai construit ma citadelle
Dans ce monde je m’appartiens

Aux pieds de mes remparts
Un secret y est caché
Il n’y a pas de traquenard
A toi de le trouver

Prisonnier dans ma tour
Sauras tu y pénétrer
Découvrir mon amour
Et mon cœur le libérer

Ce secret en est la clé
Mais toi le sauras tu
Sans être dépenaillé
Et te retrouver abattue

Dans ce monde virtuel
Il n’y a pas de chemin
Nos mots se font cruels
Des fois pas de lendemain

Resterai je comme une ombre
Doigt qui appui sur une touche
Sortirai je de ma pénombre
Pour un baiser sur la bouche

Cette clé c’est peut être toi
Il faudra que tu saches
Si tu veux que je sois à toi
Me découvrir avec panache

Quatres saisons

~ Automne ~

Tout se met en sommeil
La nature n’est plus pareil
Il n’y a plus aucune abeille
Plus de fruits dans la corbeille

Le jardin de ses légumes se vide
Et se rempli d’arachnides
La dernière figue est acide
Les framboises sont turgides

Ce n’est pas monotone
C’est la vie qui tourbillonne
Et de Calais à Carcassonne
C’est le début de l’automne


~ Hiver ~

La nature c’est endormi
Le sol de déchets se couvre
Il n’y a plus de fourmis
Sur l’herbe apparaît le givre

Et puis viendra le jour
Ou tous ces petits flocons
Recouvriront nos cours
Pour d’autres leur balcons

Ce n’est pas austère
Malgré cette atmosphère
Que l’on dit glacière
Ce n’est que l’hiver


~ Printemps ~

Les premiers bourgeons apparaissent
Bientôt la fête des jonquilles
Les dernières gelées disparaissent
Le jardin de bestioles fourmille

Les premières fleurs couvrent le sol
Le soleil réchauffe l’atmosphère
Trop tôt pour sortir le parasol
Harmonisation de la biosphère

On l’attendait depuis longtemps
Il arrive sans contretemps
Tout en respectant l’entre-temps
Bonjour à toi le printemps


~ Été ~

Ce sont nos mois préférés
Les filles aux tenues légères
Nous charment nous font rêver
Nos attitudes les indiffèrent

Enfin les vacances, la plage
A d’autres les montagnes
Notre plaisir est sans partage
En France ou en Espagne

Enfin nous allons bronzer
Même oublier de se raser
Faire les fous à se décoiffer
Y a pas à dire, vive l’été

Dédicace

Elle n’aime pas le fenouil
Ne mange pas l’andouille
Des fois elle bredouille
Ou alors elle bafouille
Dans sa tête sa cafouille
Elle n’aime pas les chatouilles
Ni même les embrouilles
Devant son P.C. elle merdouille
Me prend pour une nouille
Pire, pour un pédezouille
Là, elle me casse les couilles
Vais en faire de la ratatouille
La transformer en citrouille
Peut être en cagouille
Ou en vieille gargouille
Allez je suis pas un arsouille
Je t’aime bien ma grenouille
Même si tu mérites une tapouille
Sacrée petite pouille
M.D.Rouille ... P.T.D.Rouille

A quoi ça sert

Quand le ciel est bleu
A quoi ça sert de dire
Que l’on est heureux
De ne plus sourire
Car derrière y a le feu

Quand le ciel est gris
A quoi ça sert de dire
Que l’on n’est pas aigri
De ne vouloir partir
Et de ce voir amaigri

Quand le ciel est noir
A quoi ça sert de dire
Que l’on a plus d’espoir
De vouloir se blottir
Et perdre la mémoire

Quand le temps est beau
A quoi ça sert de dire
Demain aussi fera beau
De sans cesse se mentir
Car tu sais que c’est faux

Quand le temps est pluie
A quoi ça sert de dire
Que tu n’es pas épanouie
Que ton cœur se déchire
Et ton amour s’évanouit

Quand le temps est orage
A quoi ça sert de dire
Que tu n’as plus de courage
En te voyant vieillir
Que ta vie est ravage

Pourtant la vie est si belle
Nous avons tout à notre portée
Tout pour qu’elle nous ensorcelle
Il suffit d’un sourire apporté
Pour voir briller cette étincelle

Perché sur le bord d’une margelle
Regarde et admire l’oiseau siffler
Même s’il cherche querelle
Chaque jour il va recommencer
Pour plaire et séduire sa belle

Sa vie est amour et passion
Il vit toujours au jour le jour
Ne se pose pas de question
C’est le roi des troubadours
Voilà peut être la solution

Tu ne pourras pas t’envoler
Mais si tu cherches l’amour
Commence d’abord par l’imiter
Oublie tous ces vautours
Et vois tes peines s’effacer

Sur ce passé de décombres
Tu te diras à quoi ça sert
D’avoir vécu dans l’ombre
Tu te demanderas à quoi ça sert
De n’avoir été qu’une ombre

Rêverie

Il fait frais au petit matin
La rosée n’a pas disparue
Je suis au fond du jardin
Soudain le soleil enfin apparu

Mon corps doucement va réchauffer
Assis au bord de mon bassin
Les poissons viennent me narguer
Alors que je leur fais un dessin

Au dessus des nénuphars
Une libellule fait un survol
Elle a peur d’un traquenard
Y a pas de grenouilles gogol

Le clapotis incessant de la cascade
M’enivre et soudain je somnole
Mon esprit fait une escapade
Pourtant je n’ai pas bu d’alcool

A coté de moi un grand panache
Dernière révérence de la rhubarbe
Je pense que je dois faire tache
Avec mes quelques poils a la barbe

Bonjour à vous mes petits poissons
Bouche ouverte tous à la surface
Je ne comprends pas votre chanson
Ah ! Vous avez faim bande de rapaces

Je vous proposerai bien du café
Mais l’eau est suffisamment sale
Quoi ! Vous voulez m’engueuler
Je vais vous balancer un squale

Dans un autre jardin aboie un chien
M’a sorti brutalement de ma rêverie
Heureusement ce n’était pas le mien
Il aurait fini dans une boucherie

Mais non ! Je rigole, je déconne
Malgré les nuages et la brise
Je ne ferais de mal à personne
A vous qui me lisez une bise

Beauté secrète

Chaque jour je regarde et j’espère
Cette montée lente vers le ciel
Délicate, cette magie qui s’opère
Car tu n’as rien d’artificiel

L’autre jour j’ai vu ton bouton
Le temps est devenu mon allié
Chaque jour tu es mon feuilleton
Te dressant à coté d’un angustifolié

Plus qu’une question de temps
Le soleil réchauffe la surface
Ce matin tu es là émergeant
Je te regarde en face à face

Lentement et avec délicatesse
Tu t’ouvres et laisses apercevoir
Cette beauté digne d’une altesse
Blanc ou rouge pour m’émouvoir

Il n’aura fallu que quelques heures
Pour vivre l’espace d’un instant
Et demi-heure après demi-heure
Te refermer, mourir, c’est déroutant

Demain tu ne seras plus là
Sans trompette ni fanfare
Mais mon cœur tu l’étoilas
Vie éphémère d’un nénuphar

Chaleur

Je ne sais plus quoi dire
Ma bouche se dessèche
Je ne sais plus quoi écrire
Mon encre est déjà sèche

Je pourrais faire un signe
Une goutte perle mon front
Trop chaud je me résigne
Ce jour tous nous souffrons

Pas un nuage dans le ciel
Ni le souffle d’un petit vent
Pas de pluie pas d’arc-en-ciel
Chaleur et cet air étouffant

Coincé sous un parasol
Je bois et me désaltère
Au loin même les tournesols
Sont penchés vers la terre

Matin au soir c’est canicule
Fleurs séchées se gondolent
Et du soir au crépuscule
Les insectes font la farandole

La terre se réchauffe et meurt
Nous avons détruit l’écosystème
Il n’y aura bientôt plus de chômeurs
Ce sera la fin de notre système

On veut une autre planète
Pour tout recommencer
Avec tous ces malhonnêtes
Ce sera pour mieux clamecer

Moi je continu d’assonancer
D’une manière intensionnelle
C'est ma façon de dénoncer
Que la vie n’est pas éternelle

Je ne sais pas

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans te prendre la main
Et les cailloux que tu sèmes
Resteront sur le chemin

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans te regarder dans les yeux
Et dans ce moment suprême
Passer ma main dans tes cheveux

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans te poser mes lèvres
Et provoquer ce noème
Mes mots se font balèvre

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans te mordiller l'oreille
Et si c'est un blasphème
Alors que dieu me surveille

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans frôler tes deux seins
Et créer cet anathème
Que certains diront malsain

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans effleurer tes fesses
Et prendre cet air bohème
Cela n'est que tendresse

Je ne sais pas dire je t'aime
Sans caresser ton corps
Et t'entendre dire je t'aime
Continu j'en veux encore

Tendresse

Je ne peux t'offrir la lune
Mais pour ton sourire
Je déplacerai des dunes

Je ne peux t'offrir le soleil
Je viens de le découvrir
Au fond de toi il sommeil

Je ne peux t'offrir la mer
Ni te regarder souffrir
Mes larmes seraient amères

Je ne peux t'offrir la terre
Elle est faite pour mourir
Après nos années de galère

Je te donne mes mains
Que tu viennes me découvrir
Tout au long du chemin

Je te donne mon regard
Qu'il vienne te nourrir
Que rien ne nous sépare

Je te donne mon cœur
Si tu sais le chérir
Jamais tu n'auras peur

Mes bras seront ton refuge
Mes baisers vont te couvrir
Pour toi je serais fébrifuge

Mais sans jamais t'éblouir
Bercée d'amour et de rire
Que tu saches t'épanouir

I have a dream

J’ai fais un rêve
Le ciel était bleu
J’étais un oiseau
Me sentais léger
Me trouvais beau
J’étais heureux
Poser sur la grève

J’ai fais un rêve
Rêver de tes yeux
Quoi de plus beau
Que d’aller nager
Dans ce faisceau
Intense voluptueux
Que je m’élève

J’ai fais un rêve
Amour merveilleux
Moi le moineau
Je veux te protéger
Sous mon manteau
Plumeux et soyeux
Même si j’en crève

J’ai fais un rêve
Suis malheureux
Ce jour nouveau
A tout déranger
Dans mon cerveau
Nuit je te veux
Et vivre mon rêve

Mon tien

Mon coeur bat pour le tien
Ma voix chante pour la tienne
Mon corps brûle pour le tien
Mon âme vit pour la tienne

Mon corps devient frisson
Enveloppé dans tes baisers
Comment taire mes pulsions
Quand je veux me donner

Tu fais tant battre mon coeur
Vois, il vibre pour le tien
Donnons nous du bonheur
Je t'aime, je t'appartiens

Rêve

Quel est ce mal qui m’élonge
Pourquoi es-tu dans mes songes
Et si ce n’est pas un mensonge
Alors que cette nuit se prolonge
Que dans ce rêve je me replonge

Quel est cet amour qui me ronge
Cette envie me tien comme une longe
Quand mes larmes toi tu les éponges
Alors que ma vie se rallonge
Que sur ton corps je m’allonge

Dédicace pour un ange

A toi qui visite son profil
Si tu n’as pas la sagesse
De lui parler en mot subtil
Pour toi elle se fera tigresse

Ne sois pas puéril
Elle est pleine de délicatesse
Ne sois pas incivil
Elle est pleine de tendresse

Mais elle est très subtile
Elle saura se faire déesse
Et d’une manière habile
Devenir une vraie princesse

Cette fille n’est pas facile
Tu dois savoir l’apprivoiser
Moi qui suis très difficile
J’aurai voulu la toiser

Mais j’aurai été imbécile
Devant elle de pavoiser
De passer pour un débile
Et me faire engueuler

Elle est merveilleusement belle
Elle est merveilleusement douce
Complètement atemporelle
Elle est pleine de ressource

J’ai cru apercevoir mon double
Mais vouloir lui ressembler
Même si je me dédouble
Serait complètement illusionner

Dans la nuit tu es cette étoile
Que je ne cesse de contempler
A mes yeux tu te dévoiles
Ta beauté ne cesse de décupler

Vous qui passez, restez à mes côtés
Regardez-la, admirez-la
Et de vos mots caressez-la
Elle ne mérite que ça

Sentiments

Féerie des mots, explosion des sentiments
Tout m'est permis en ce moment
Et avant que le jour ne se consume
Avant que la nuit ne m'embrume
Il ne me reste que peu de temps
Et de profiter de tous les instants
Pour te dire ou t’écrire à toi ma chérie
Combien dans mon cœur je te chéris
De la douceur qui émane de ton visage
Je ne sais si je resterais aussi sage
Comme tu aimerais peut être que je le sois
Car au moment, à l’instant où je t’aperçois
Je n’arrive plus à me contrôler
Et les mots me font perturber

Jour de pluie

Sur un quai de gare nous nous sommes croisé
Mon cœur c’est emballé, je ne savais ou aller
Ton visage était si doux, parfumé d’ivresse
Et mes yeux voulaient dévorer cette tendresse
Les nuages sombres décoloraient tes cheveux
La pluie fine tombait et embrumait nos yeux
J’ai croisé ton regard, tu as croisé mon regard
J’ai cru un instant reconnaître un peu tard
Un amour connu jadis et tant rechercher
Mais aucun doute tu n’as laissé planer
Quand dans tes bras un homme tu as serré

Femme

Femme de toutes les convoitises
Brune, blonde, rousse, pour charmer
Nos désirs les plus fous tu attises
Tu sais si bien nous fasciner

La beauté de ton corps nous attire
Pauvres mortels que nous sommes
Femme objet ou femme satyre
Tu manipules les hommes

Nos yeux trahissent notre cœur
Nous ne voyons que le superficiel
Et d’un œil admirateur
Nous ne pensons que sexuel

Nous sélectionnons d’un air cupide
Ce qui restera à jamais éphémère
Dans notre attitude la plus stupide
Nous oublions le plus extraordinaire

Né de tes entrailles c’est admiration
Et pour cela je dois te respecter
Toi le symbole de la procréation
Sans qui nous ne serions pas nés

La tendresse est à l’intérieur de toi
Cette beauté intérieure je l’aime
Ton cœur est un refuge, un toit
Au-delà de tous les anathèmes

Au-delà du temps présent
Cette beauté n’est pas éphémère
Au-delà de tous les tourments
Je la regarde et je la vénère

Si un jour

Si un jour ton visage
Est comme un jour de pluie
Si un jour ton ciel est orage
Et que ton horizon est gris
Alors je serai la main
Qui effacera ton chagrin

Si un jour la douleur
Coule dans tes veines
Si un jour ton cœur
Est envahi par la peine
Alors je serai le bras
Qui te soutiendra

Si un jour le doute
S’empare de ton esprit
Si un jour ta route
Est envahi par la nuit
Je serai l’être tout entier
Qui saura t’aimer

Ivresse

Mon cœur était tristesse
Mon corps était paresse
Tes yeux ont vu ma sagesse
Ta voix c’est fait caresse
Tes paroles furent tendresse
Ton corps devint tigresse
Tu es devenu chasseresse
Moi je manquai d’adresse
Tu es devenue diablesse
Profitant de ma faiblesse
Usant de ta finesse
Me plongeant dans l’ivresse
J’ai aimé ta jeunesse
Malgré ta maladresse
Tu avais cette noblesse
Qui me fit découvrir une déesse

Ville

Dans la jungle de cette ville
Les gens complètement débiles
Tu te croirais dans un asile
Dans cette jungle je me faufile
Les gens sont devenus inciviles
Ils sont pires que des reptiles
Dans cette jungle qui horripile
Au volant de leur automobile
C’est la mort que tu assimiles

Dans la jungle de cette ville
Où tu croises des pédophiles
Il n’y a pas de spermophiles
Dans cette jungle je me faufile
Moi qui était cinéphile
Je suis devenu cynophile
Dans cette jungle qui horripile
Dans leur main que des mobiles
Leur cerveau devient stérile

Dans la jungle de cette ville
Il n’y a plus d’évangiles
Bientôt plus de xénophiles
Dans cette jungle je me faufile
Moi qui était si docile
Je ne pense qu’à l’exile
Dans cette jungle qui horripile
Plus de place pour le fragile
Tout le monde devient hostile

Dans la jungle de cette ville
Certains rêvent immobile
D’autres parlent de missiles
Dans cette jungle je me faufile
Je me sens devenir inutile
Avant de devenir sénile
Dans cette jungle qui horripile
Qui déchire et qui mutile
Tout ne sera que fossile

Ce matin

Ta photo ma main a caressée
Je rêvais de t’embrasser
Ta photo mon œil a parcouru
Je rêvais de te voir nue
Sur ta photo mes lèvres posées
Mon rêve se faisait oser
Ta photo sur mes lèvres collée
Ce matin une larme a coulée

Je suis né

Je suis né de l’ombre
Ce ventre était chaud
Il n’y avait que pénombre
Je n’ai pas dit un mot

Je suis né à la lumière
Dehors il faisait froid
Une tape sur le derrière
Fut mon premier effroi

Trop petit pour me venger
Mais je n’avais rien compris
Alors je me suis mis à pleurer
Aujourd’hui je souris à la vie

Moustik

Européen ou asiatique
Ta larve est aquatique
Et depuis le néolithique
Tu es machiavélique
Une allure spasmodique
Un regard sadique
Et ton vol statique
Ta présence sonique
Nous rend hystérique
Dans un élan vampirique
Ma peau tu piques
Je deviens colérique
A cet instant cynique
D’un revers atomique
Ma main satanique
Enfin t’éradique
Saleté de moustique

Oh toi

Pluie, ses cheveux, viens mouiller
Moi je n’ai que mes larmes
Je ne voudrais pas la souiller
Elle est allongée pleine de charme

Vent, sa peau, viens caresser
Je n’ose pas la toucher
Ses deux seins tu fais dresser
J’ai peur de l’effaroucher

Soleil, son corps, viens réchauffer
Je ne peux que la regarder
Ma cervelle se met à surchauffer
Quand je m’imagine la garder

Sable, elle est sur toi allongée
Offerte, presque nue
Sa sueur j’aimerai l’éponger
Ma peur ma retenu

Pluie, vent, soleil, sable, je vous maudis
Toutes mes envies sont réalisées
Je suis qu’un pin parasol abasourdi
Quand une beauté vient s’exposer

Petit oiseau

Fragile, inconscient tu prends ton envol
Poussé par le destin de découvrir la vie
Pressé de quitter ton nid tu dégringoles
Mais tu sais déjà que ceci est ta survie
Tes parents sont là ils font ton école
Merveille de la nature je te magnifie
A chaque essai tu te fais la gloriole
Devant le regard de tes parents ébahis
Tu n’as peur de rien même des bagnoles
Tu n'as pas remarqué au loin l’abruti
Qui dans son véhicule a course folle
N’avait qu’une envie, prendre ta vie
Tu n’as pas entendu les cris, les paroles
Elle a voulu éviter cette boucherie
Elle a gesticulée comme une folle
Mais cet imbécile a la cervelle cramoisie
Est venu t’écraser sans autre protocole
Jamais elle n’entendra ton gazouillis
Et cette fin atroce l’horrifie, la désole
Petit oiseau aux rêves inassouvis
Jamais plus tu ne prendras d’envol
Ainsi va la vie

Dédicace

A te regarder tu n’es pas vraiment belle
Tu ressembles à celles que tu côtoies
Mais pour moi tu resteras celle
Qui me laisse sans voix

Ton enveloppe est une carapace
Je cherche par tout moyen à l’ouvrir
Tu te protèges contre les rapaces
Tu as tellement peur de mourir

Quand je reste à tes cotés immobile
Je te vois t’entre ouvrir légèrement
Dévoilant d’une manière subtile
Cette volupté d’attendrissement

Ta chair n’est que délicatesse
Il s’y dégage cette douceur
Me montre toute la finesse
Pour laquelle j’ouvre mon coeur

Au fond de toi il y a cette perle
Qu’à mes yeux tu fais miroiter
Je sais maintenant que tu es celle
Que j’aimerai bien convoiter

Perle d’amour, perle de tendresse
Mon cœur a beau la demander
Dans un recul de faiblesse
Tu ne fais que te refermer

Je ne veux pas te forcer ni blesser
A tes cotes je reste assis
Mes mots ne font que te caresser
Je crois que tu n’as pas compris

Je ne suis pas là pour te manger
Ma passion je veux l’assouvir
Je reste là à te contempler
Tant que tu ne veux pas t’ouvrir

Moi qui avait tant d’espoir
Tu vas me faire écrire un chapitre
Dans un dernier moment de désespoir
Mon « Requiem pour une huître »

Ma rose

Tu es une rose
Encore toute fermée
J’attends que tu écloses
Et découvrir ta beauté

Tu es une rose
Déjà toute parfumée
C’est ton apothéose
Qui va m’ensorceler

Tu es une rose
Je ne veux te couper
Que ta beauté m’hypnose
Je reste à te regarder

Tu es une rose
Je te donne ce baiser
Et ton bouton explose
Tu viens te dévoiler

Tu es une rose
Tes pétales étalées
Moi je me décompose
Devant tant de beauté

Tu es une rose
Je commence à t’admirer
Tu crées cette osmose
Qui me fait tant t’aimer

Tu es une rose
Dans mes bras enlacée
Tu es cette rose
Que je ne veux plus quitter

Anaïs

Parcourir ton blog m’a sidéré
Je me suis même senti gêné
Gêné de te retrouver nue
Face à moi ton inconnu

Tout y est si personnel
On se croirait dans l’irréel
Et cette souffrance qui déchire
Je ne saurais même la décrire

Ce mal de vivre tant d’années vécu
Tout ce temps et ces moments perdus
Mon passé n’est que jérémiade à coté
Moi qui croyais tant en cette vérité

Heureusement en toi est resté
Cet amour que tu veux ressusciter
Enveloppé de toute cette tendresse
Même quand tu te fais tigresse

Je sens tout ton corps frémir
Ta tête se remplir de désir
Tu mérites tellement de recevoir
Moi j’ai peur de te décevoir

Te prendre dans mes bras
Et te dire encore tout bas
Tous ces mots d’amour
Qu’ils résonnent toujours

Et te fasse oublier un instant
Qu’il n’y avait pas d’avant
Que ta vie vient de démarrer
Qu’elle ne va pas s’arrêter

Loin de moi toute déclaration
Il ne faut pas y prêter attention
A ces mots couchés sur une feuille
Car comme une fleur je m’effeuille

Et de moi il ne va plus rien rester
Sur ces mots que j’ai su allonger
Le temps écoulé va tout effacer
Et sur moi les portes se refermer