Anaïs

Parcourir ton blog m’a sidéré
Je me suis même senti gêné
Gêné de te retrouver nue
Face à moi ton inconnu

Tout y est si personnel
On se croirait dans l’irréel
Et cette souffrance qui déchire
Je ne saurais même la décrire

Ce mal de vivre tant d’années vécu
Tout ce temps et ces moments perdus
Mon passé n’est que jérémiade à coté
Moi qui croyais tant en cette vérité

Heureusement en toi est resté
Cet amour que tu veux ressusciter
Enveloppé de toute cette tendresse
Même quand tu te fais tigresse

Je sens tout ton corps frémir
Ta tête se remplir de désir
Tu mérites tellement de recevoir
Moi j’ai peur de te décevoir

Te prendre dans mes bras
Et te dire encore tout bas
Tous ces mots d’amour
Qu’ils résonnent toujours

Et te fasse oublier un instant
Qu’il n’y avait pas d’avant
Que ta vie vient de démarrer
Qu’elle ne va pas s’arrêter

Loin de moi toute déclaration
Il ne faut pas y prêter attention
A ces mots couchés sur une feuille
Car comme une fleur je m’effeuille

Et de moi il ne va plus rien rester
Sur ces mots que j’ai su allonger
Le temps écoulé va tout effacer
Et sur moi les portes se refermer

Ver en vers

Je ne savais pas que je te rencontrerais
Toi qui aimais tant, seul, te promener
Que ce jour par hasard tu apparaîtrais
Moi qui ne cherchais rien à donner
Pour une fois je me contentais de vivre
Tes espoirs tes désirs couper en deux
Malgré ça tu continus de survivre
Que mon geste fut certes malheureux
Ce coup de pelle ne t’était pas destiné
J’ai eu beau te chercher de mes yeux
De toutes mes forces tourner et retourner
Moi qui pensais pouvoir te rendre heureux
Je t’ai fait mal, vas-tu me le pardonner
Je suis resté serein, très terre à terre
Je ne voulais pas crier ma faute au monde
Désolé pour toi mon ami le ver de terre
Tu es reparti dans cette terre immonde

Un jour une nuit

Un jour j’ai rencontré la nuit
Il faisait froid, j’avais sommeil
Ombre, pénombre, tout est gris
Et là tu te dis, rien n’est pareil

Je voulais continuer mon chemin
C’est difficile d’avancer à tâtons
Je ne me sentais plus un gamin
Et pourtant j’avais des frissons

Cette brume qui me caressait
A mon oreille criait torpeur
De ma main je l’effaçais
Je me refusais d’avoir peur

On se sent vidé, solitude
La nuit les rats sont de sortie
On reste sans espoir, attitude
Cette nuit se sont mes seuls amis

Pas de clameur, pas de joie
Espace vide de chaleur
Pas d’amour ni de rabat-joie
Espace plein de rancœur

Quand je regardais ce ciel noir
Des étoiles je voyais scintiller
Ce n’était que larmes d’espoir
Que mes yeux venaient bercer

Une nuit j’ai rencontré le jour
Le soleil m’avait donné rendez-vous
J’ai voulu fuir, faire un détour
Mais lui me suivait partout

Il m’a fait connaître l’automne
Le paysage était rempli de couleurs
Et loin de trouver ça monotone
Je contemplais les dernières fleurs

Il m’a fait connaître l’hiver
Plus de feuilles, tout est blanc
Oh chêne, toi qui était si vert
Regarde toi maintenant

Il m’a fait connaître le printemps
Miracle de la nature, tout renaît
Bourgeons, comme je suis content
Arbres, fleurs, oiseaux, tout me plait

Il m’a fait connaître l’été
Soleil, un jour je t’ai rencontré
Et depuis tu ne m’as pas lâché
Mon ami tu as voulu rester

Mais un jour j’ai croisé la mort
Ce camion aurait pu m’écraser
Alors sans haine et sans remord
Allongé tétanisé elle m’a laissé

Je me rends compte que ce jour
A refusé de me montrer la nuit
M’a fait comprendre sans détour
Que pour moi la vie se poursuit

Soleil, soleil, tu es dans mon cœur
Toi qui réchauffe mon corps
En ce jour me donne de la douceur
Ne t’arrête pas j’en veux encore

Je suis passé de la nuit à ce jour
Soleil je t’aime tu es ma vie
Reste à découvrir le grand amour
Et à jamais te dire merci