Un matin de printemps, une grenouille
Dans cet étang, voulu devenir la reine
Sans faire d’histoire ni de magouille
Prendre aucun risque et sans peine
Commença par manger les moustiques
Puis se fut le tour de toutes les larves
Aucun souci, elle n’était pas allergique
Cela se passe à Saint-Martin-sur-Arve
Elle prit du poids la petite bougresse
Son volume en six mois quadrupla
Pour la sauterelle aucune finesse
Sans prévenir et sans remord l’avala
Elle disait à qui voulait l’entendre
Ici personne ne prendra ma place
Et mon domaine je vais l’étendre
Sur cet étang construire mon palace
De partout, insectes, chenilles accouraient
Ils arrivaient essoufflés, étonnés
Personne à cette histoire n’y croyait
Mal leur en a pris ils furent dévorés
Ce carnage attira une petite cigogne
Elle utilisa un langage un peu grossier
Dites-moi avant que je vous cogne
Grosse bedaine cachée dans les rosiers
De cet étang vous avez fait un désert
Juste pour vous rassasier et vous goinfrer
Pour chaque insecte avez remis le couvert
Sans qu’ils aient pu un peu s’acclimater
La grenouille sans se démonter lui dit
Dégage de mon domaine tas de plumes
Oiseau de malheur ici t’es maudit
La voix pleine de rage la bouche d’écume
Ici il n’y a que moi qui habite et chasse
Il n’y a pas de place pour toi l’emplumée
Devant mes yeux débarrasse ta carcasse
Ou ton bulletin de naissance tu vas avaler
Alors dans la fraicheur de cette matinée
Un ‘ Clac ‘, une seule fois, se fit entendre
La cigogne venait de manger, de se régaler
De ce petit festin qu’elle prit sans attendre
Ce soir à l’étang de Saint-Martin-sur-Arve
Sont revenus les mouches, les libellules
Et maintenant il y a aussi plein de larves
Dans la quiétude ce petit monde pullule
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